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samedi, avril 4, 2020
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Lady B : Lady B la Diams camerounaise.

Son père voulait qu’elle devienne médecin comme lui. Mais sa chirurgie, elle voulait la faire avec des mots, un micro à la place du bistouri. Aujourd’hui, Lady B, Mireille Obounou de son vrai nom, a réussi à imposer son choix. Parce qu’elle y a toujours cru et qu’à force de travail elle a été sacrée lauréate de la première édition au Cameroun du concours Coca cola Dream, au milieu de six garçons. Pourtant, elle n’avait pas été sélectionnée pour participer à ce concours, qui réunissait une centaine de candidats qui évoluent dans le registre musical du rap et du hip-hop. « J’avais fait un featuring avec Snake Ice, qui, lui, s’était présenté au concours. C’est à travers cette chanson qu’on lui a demandé de faire venir la fille qui l’accompagnait. C’est comme ça que j’entre dans l’arène du Coca Cola Dream, que je retiens l’attention du jury qui me permet de continuer« , explique cette jeune fille de 24 ans qui a commencé à s’exercer dans son enfance avec des modèles comme Toni Braxton, Patra et Laureen Hill.
Si on s’arrête à son petit physique, on ratera à coup sûr beaucoup de choses. Ce bout de femme a une énergie incroyable lorsqu’elle tient un micro. Une vocalise propre avec des montées sans fausses notes. Lady B sait chanter. Communiquer un message. C’est ici qu’elle fait la différence. Elle fait corps avec ses textes. Quand elle débite son flot, une rage à peine contenue vient donner la puissance nécessaire pour créer une émotion certaine au sein du public. Elle parle dans « Ma colère » (titre phare de son premier album solo, qui sera mis dans les bacs en décembre 2006) de cette jeune fille de 12 ans qui été régulièrement violée par son maître et son père à qui « elle a plusieurs fois dit qu’elle était leur fille et non leur femme. Mais ils ne l’ont pas écoutée« . On a la chair de poule à l’écouter. Difficile de rester de marbre, car elle même pleure sur scène, se met à genoux pour s’étonner de la méchanceté des hommes.


On retrouve ainsi le ton incisif et vrai de la rappeuse française Diam’s, qui dans son dernier album, « Dans ma bulle« , n’hésite pas à fustiger ces comportements masculins qui honorent peu la femme. Lady B., avec son look iconoclaste, jeans moulant, ventre dehors, mini haut moulant et foulard attaché à la Erika Badu, reconnaît cependant que c’est au Gabao festival hip hop 2006 au Gabon qu’elle a eu sa meilleure scène. « Une fois de plus, je n’étais pas invitée, mais lors des scènes libres, j’ai fait un tabac et décroché des contrats pour une tournée dans trois pays africains en 2007 grâce à Jefté prod.
Les Africains ont découvert que le hip-hop sur le continent pouvait également être animé par les femmes
« , relate avec un petit sourire satisfait, cette ancienne choriste du mythique Zangalewa et du groupe de rap Today na today.


Lady B, qui a évolué dans la troupe de danse contemporaine African danse et participé au Massao, s’est peu à peu taillée une place dans un milieu d’hommes, grâce à son caractère. « Je dis toujours ce que je pense, que ça plaise ou pas et surtout, j’évite de pleurer pour un rien. ça rend faible… ». Pour mener à bien ses rêves, Lady B a besoin d’être forte, au moins autant que peut l’être un homme…


Marion Obam, Le Quotidien Mutations

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