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samedi, avril 4, 2020
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Hip hop kamer : A quoi servent les emissions de hip hop ?

Entre rois de la rime et maîtres de la plume, rien ne va plus. Les premiers estiment manquer d’espaces dans les médias locaux. Les seconds se plaignent de l’arrogance voire de l’amateurisme des rappeurs. D’un pôle à l’autre les arguments s’alignent. Les injures se multiplient. Et la collaboration devient douloureuse, ballottée entre ‘‘gombo’’, petites amitiés, soupçons et mépris.


On n’avait pourtant pas besoin d’en arriver là. Pour lever le verrou de la haine, il aurait suffi de préciser aux uns et aux autres leurs responsabilités. Rappeler aux rappeurs qu’un animateur radio/TV n’est pas un attaché de presse. Son job n’est pas de défendre l’artiste ou d’affiner son image auprès de l’auditoire. Son rôle ? Présenter une œuvre, en décrypter le contenu ou en ressortir objectivement les points forts. L’animateur est libre de ses choix à condition que ses choix soient eux-mêmes libre, c’est-à-dire détachés des souillures gombotiques et autre parfums fétides de l’abus de position. Un animateur n’est pas tenu de diffuser une œuvre qu’on lui envoie. Il la diffuse quand il veut ou pas du tout, s’il veut. L’unique moyen de l’obliger à diffuser un titre, c’est de payer la promo auprès du service commercial ou de la régie de la chaîne radio/TV qui l’emploie. Tous les autres ‘‘raccourcis’’ sont inutilement longs, sinueux et révélateurs du degré d’amateurisme des acteurs du hip hop k-mer. Quoi d’autre en effet que l’amateurisme pour justifier que certains animateurs se comportent eux-mêmes en négriers des ondes attendant paresseusement, dans leurs bureaux et studios, les scoops et les exclus ? Ils se plaisent à répliquer aux stars en herbe en quête de gloire éphémère : ‘‘Est-ce que tu m’as donné ton support ?’’ ou ‘‘Je n’ai pas le temps. Rappelle moi…’’ le devoir d’information devient une faveur. La mission d’innovation à l’antenne meurt assassinée par le gombo. La profession d’animateur perd ses lettres de noblesse. On diffuse celui qui paie ou se plie à l’imposture.


Dans cet univers de sodomie communicationnelle où règne trafic d’influence  et coup bas, les animateurs deviennent promoteurs et exigent –sans l’avouer- reconnaissance, dédicaces ou ‘‘motivation’’ de la part des artistes qu’ils diffusent. Véritables perdant de ce jeu malsain : le public, les services commerciaux et les trop rares attachés de presse de nos étoiles du hip hop. Le public n’est plus vraiment sûr de la qualité de ce qu’il écoute/regarde puisque la diffusion d’œuvre obéit désormais à de ténébreuses logiques. Les services commerciaux se trouvent asphyxiés par la voracité des animateurs affamés et assoiffés de renommée. Les attachés de presse gonflent les rangs des chômeurs, incapables de jouer pleinement le rôle de relais entre artistes, maisons de production et médias. Avec ça, n’est-on pas en droit de se demander à quoi servent nos émissions de hip hop ?

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