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dimanche, novembre 29, 2020
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X Maleya : X maleya, le trio multiracial des musiques urbaines.

Difficile aujourd’hui de passer devant une vente à emporter, un snack des quartiers ancrés dans le bikutsi tels que Nkolndongo, Mvog Ada ou Kondengui, le fief de ce rythme du centre et même les villes secondaires telles que Mbalmayo, sans entendre « Yélélé », la dernière trouvaille du trio X Maleya. Le jeune groupe de musique urbaine fait dans le hip hop et le rnb. Mais surtout dans le rap dont il puise ses racines. C’est dans la langue Duala, dont n’est pourtant  originaire aucun des trois jeunes gens, que le groupe est allé trouver son nom de baptême. Maleya c’est pour parler des conseils et X est l’inconnu, celui qui peut donc prodiguer des conseils au rythme du makossa, du bikutsi, du ben skin ou de l’assiko. « En réalité c’est la diversité qui caractérise le groupe de par les origines et les appartenances diverses de ses membres (Roger, Auguste et Hais).  C’est cette fusion de nos origines et de nos influences culturelles qui a inspiré ce nom, car d’un coté nous sommes des jeunes vivant une époque bien déterminée marquée par le modernisme et ou l’on parle énormément de rendez vous du donner et du recevoir. Nous avons reçu de la culture occidentale et proposons en retour de donner de notre culture », explique François Roger Samnig Tang, chanteur, compositeur et chorégraphe.

 

Le pas de danse est au choix : makossa, bikutsi, ben skin, assiko. Le trio x maleya, qui vient de mettre sur le marché un album éponyme concocté sur place avec des artistes tels que Serge Maboma bassiste du groupe Macase, Jean Litcheu, connu pour ses prestations à la CRTV et Ruben Chef d’Orchestre du groupe Macase, semble le premier surpris par le  succès de son deuxième album. Sa première galette, « Exil », avait déjà été apprécié  à travers « Matoumba Matoumba », une reprise d’Eboa Lotin. Il est vrai que la bande à Roger estime que, financièrement, cet album ne leur a rien rapporté. « Le succès du premier album a surtout été manifeste à l’étranger. Il nous a juste permis d’avoir une reconnaissance au niveau national, la valeur pécuniaire n’étant pas d’une grande importance ici ». Explique l’intéressé.

 

Le trio, ce sont deux jeunes Camerounais et un citoyen du monde dont l’aventure commence en 1998. Les deux premiers cités, encore adolescents, écumaient pendant leur enfance les rues du quartier Biyem-Assi à Yaoundé. Sur leur chemin, ils rencontrent Hais Zaiter. « On se rend compte qu’il avait les mêmes vibrations que nous » se souvient Roger, le plus prolixe de la bande. Hais est un guitariste. C’est lui qui va mettre en musique le rap que ses deux nouveaux amis clamaient déjà dans la rue à l’image de leurs communes, des vedettes du hip hop américain. Tout de suite, ils se mettent à interpréter puis à composer leurs propres mélodies. Hans Mbong, promoteur de l’Association Axe Jeunes leur met le pied à l’étrier à travers le concept « les ça me dit rap ». Le centre culturel français de Yaoundé les reçoit pour leur premier spectacle. Le groupe ne se fait pas seulement remarquer parce qu’il a un blanc. Mais « parce que, en plus de chanter, nous avons de belles chorégraphies », avoue Roger. Lorsqu’on les rencontre en spectacle, ou pendant leurs répétitions au quartier Bastos, ou ils sont hébergés par le Macase, un autre groupe  à la notoriété établie, le X Maleya affichent une complicité dans leur diversité, comme pour démentir l’adage selon le quel « nous avons des personnalités et une éducation différente. Lorsqu’il y’a un malentendu, ça s’arrange très vite, car il y’a un objectif à atteindre », aiment t il à répéter presque par chœur. En fait X Maleya n’a pas de chef. Ils se référent à leur manager Guy Ondobo, lorsqu’il s’agit de résoudre les détails de spectacles ou pour tout autre problème de relations publiques. D’où la relation très horizontale dans le groupe. Ils promettent que l’argent ne les séparera jamais. Trois fois par semaine, chacun doit ravaler ses susceptibilités pour participer aux répétitions, même s’ils trouvent toujours un instant pour se chambrer sur leur mise vestimentaire ou leur coiffure par exemple. Déjà, Roger a coupé ses dreadlocks pendant qu’Auguste a adopté des nattes comme les jeunes lycéens. Sur les filles, ils s’étalent le moins possible. Hais a déjà une fiancée, mais ses compères le trouve timide. Il parle très peu, ou pas du tout. Mieux, il le fait avec ses doigts lorsqu’il grince sa guitare, ou lorsqu’il participe aux chorégraphies. Cet informaticien est le sage et, de par sa taille (1.92m), le « basketteur » de la bande. Lorsque Roger le présente comme un citoyen du monde, il ne pense pas si bien le dire. Hais, mieux, Zaiter Haitem Madjed est le « métisse universel » du groupe de par ses racines : un père américain et une mère franco-camerounaise né au Koweït. Mais le « blanc » des X Maleya est bien de nationalité camerounaise.

 

Le nain du groupe, Auguste Teteck à Rim (1.77m), Stee pour ses amis, est le roi du rnb. Ses talents d’auteur-compositeur et de chorégraphe viennent s’ajouter à sa voix sensuelle et à son tempérament qui font le charme de X Maleya. Et, par-dessus tout, ses collègues le présente comme un travailleur. A mi chemin entre le timide Hais et le charmeur Stee, il y’a l’impulsif Roger, 1.84m sous la toise. « L’incarnation de la culture bantou, le griot X Maleya » porte haut le trio avec sa voix. Il fonce souvent comme un taureau, sans réfléchir, indiquent des témoignages. « Parfois avec raison », se défend il. C’est Hais qui, en pareil cas joue les garde-fous pour recadrer « le conducteur de la chaleur que dégage le groupe ». Roger et Auguste font la musique à plein temps, pendant que Hais manipule l’électronique, pour les rappeurs lorsqu’il s’agit de faire danser les camerounais.

 

Pour la plupart, ces jeunes gens veulent rester discrets sur leur vie intime. On les dit célibataires, mais l’on sait que Hais est au quartier, le papa d’une adorable petite Chantal.

2 Comments

  1. J’adore votre biographie mes frères mes amis même on ne sait jamais vu vous êtes remplie de succès continue comme ça mes artistes. Préférée vous aurais un très très énorme succès

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