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mardi, décembre 1, 2020
On Djoss

Tata Menthong : le marché de disque kamer est mort !

Depuis Novembre 2005, Tata Menthong, 27 ans,  fait parti des rares artistes camer version rap à goutter aux délices de la production. Un album de 12 titres entièrement réalisé par DJ Bilik via son label zomloa Recordz. Ancien membre du groupe de rap la sou White, il a été de toutes  les aventures de zomloa. Menthong pratique le rap depuis 1995. Nous l’avons rencontré, il se confie à nous…


 


Kamerhiphop.com : qui est Tata Menthong ?


Tata Menthong est un jeune rappeur camer qui vie au quartier Emombo. Celui la même qui fait découvrir au kamer un autre style de rap : le Ngokoma style qu’il crée avec son groupe la souwhite et le groupe Elokk. Depuis novembre 2005, il est dans les bacs avec son album « yu the thong » voila quoi.


 


C’est quoi le Ngokoma style ?


Le Ngokoma style est un mélange de français, de l’anglais, des dialectes du bled et du pidgin.


 


Que penses tu du marché de rap kamer ?


Le marché camerounais est encore dans le trou. Je dirais qu’il est mort. Ça ne bouge pas assez, même comme il y’a ceux qui essaye de se battre pour que les choses changent. On espère que ça changera car je pense que beaucoup de chose viendront appuyer le mouvement.


 


Comment trouves tu la scène hip hop du bled ?


A Douala, ça bouge plus. Il y’a des petits concerts. Je suis plus aimé à Douala que chez moi à Yaoundé. A Douala, les gens m’interpellent en route, preuve que nul n’est prophète chez soi.


 


Que réponds tu aux détracteurs du style de rap made in kamer ?


Le rap, c’est la musique et la musique est universelle. Moi je rime en dialecte, un ricain peut suivre et kiffé. Nous devons avoir notre propre style. J’exhorte les jeunes à rapper en Ngokoma. Nous préférons créer notre propre style que de copier les whites.


 


Parle nous de ton album ?


C’est un album de 12 titres, chanter en Ngokoma. Je parle des souffrances en Afrique, ça ne va pas man. Ici on souffre beaucoup. Nous devons changer de mentalité. Il y’a aussi des morceaux qui font danser (Bafia et i’m the best).


 


Dans l’album, quels sont tes morceaux préférés ?


J’aime Matinga, Bafia, caïd de l’homme, hozana, merci maman. C’est ma famille (ESSEYI) qui a produit mon album, c’est pour cela que j’ai remercié ma maman.


 


Y’a-t-il une critique que tu aies peur d’entendre ?


La qualité du son, nous avons envie de faire de bonnes choses  mais nos studios ne sont pas très équipés. On espère que ça va changer.


 


Si on te disait de donner une note au rap kamer. Quelle note tu donneras ?


On rappe bien, mais il manque de structure. Il y’a des bons rappeurs mais le matos manque. Nous sommes meilleurs que les Gabonais, mais ils ont plus de matos que nous. Sinon c’est passable.


 


Revenons à ton album, 6 mois après la sortie. Quel bilan ?


Le bilan n’est pas très positif, je manque de scène. L’artiste a besoin de s’exprimer. Il a aussi besoin de toucher ses droits d’auteur et mécanique ; notre argent est bloqué à la CMC. Pour les CD, ça va, ils se vendent.


 


Ton groupe Sou White. Que devient-il ?


Le groupe existe toujours. Sangoa Mboa est retourné chez lui à Douala, Owutu Medjo est à Garoua aux impôts et moi je suis à yaoundé. Nous avons un projet, sortir l’album Sou White; actuellement, chacun est dans son coin. Je vous garanti que d’ici peu, vous entendrai parler de la Sou White.


 


Que penses tu du site ?


Je suis très content. Il apporte un plus au rap, il nous fera connaître à l’étranger. Des ouvertures s’offrent à nous, j’en parle aux gens du quartier afin qu’il visite le site. Je vous souhaite bon vent et je ne peux que vous encourager car ce n’est pas facile de mettre autant d’énergie et du savoir dans un mouvement qui ne marche pas très fort.


 


Ton dernier mot ?


La CMC doit nous faciliter la tâche, les organisateurs de spectacles doivent soutenir le mouvement. Le Ministère de la culture a le devoir de valoriser la culture kamer : le Ngokoma style.


 

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