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vendredi, septembre 20, 2019
On Djoss

Oliviera : « Le Cameroun appartient à une minorité »

Oliviera est un artiste à part entière et il a choisi son domaine d’expression le hip hop. En 2003, sort son maxi solo « prémices » de 6 titres entièrement autoproduit en prélude à l’album.  En 2005, nouvelle distribution du Maxi inclus deux (02) inédits révélateurs ‘’un homme à part’’ et le tube ‘’dernier sur le Rap’’ sous l’effigie Serial lyricist Killer (Lyrical tueur en série) concept Labelliser qui lui est propre.


Kamerhiphop.com : parle moi de tes débuts ?
C’est en 1994 que je commence à écouter le Hip-hop venue d’outre- mer que j’emprunte chez les disc-jockeys et aux potes du quartier. Marqué par les injustices de la société une envie naît en moi de transmettre afin de pouvoir changer les mentalités, ce que je pense être mieux que l’univers dans lequel je vis, mais surtout les sensations à travers la musique.


Ton maxi « prémices » est sorti en 2003, alors comment est ce qu’il a été accueilli par le public ?
Ça a pas mal tourné dans les radios. Il y’a eu un feedback, les gens ont apprécié. Forcement, il y’a des disques qui s’achètent.


Pourquoi prémices ?
C’est le début, le commencement d’une carrière. J’existe en tant que rappeur et je suis la pour longtemps.


Ton maxi, c’était une autoprod, ça veut dire que le coût est élevé. Alors qui t’as soutenu… ?
DJ Panebo
(DEE JAY) s’est investi à fond dans le projet. C’est lui qui a fait les musiques. J’ai aussi été épaulé par des potes et ma maman m’a aidé financièrement. Mes vidéos ont été réalisées par Lomask.


A qui tu dédies ce travail ?
A tous ceux qui de prés ou de loin ont contribué à la réalisation du projet.


Qu’est ce « prémices » t’a rapporté comme expérience ?
J’ai beaucoup appris. C’est une expérience personnelle qui va dans le sens que c’est dur. C’est assez surprenant que tu sortes une autoprod et que ça mort. Ce qui tue en fait au bled, ce qu’il n’y a pas l’esprit d’achat.  J’ai aussi participé à un clash au Gabon.


Comment t’as été contacté pour ce clash (Gabon vs Cameroun) ?
C’est par le biais du rappeur Encha’a qui me fait part du concept et de l’évènement au quel j’adhère tout de suite. Pour moi, c’était un rêve.
Au Gabon, c’est totalement différent. Le hip hop est encré dans les mœurs des gens. Les radios couvrent le rap du pays. Plus de 4000 personnes avaient assisté au clash, j’ai profité pour écouler quelques disques.


Quels sont les thèmes que tu abordes dans ce maxi ?
A travers le titre « j’ai des choses à dire », je dis déjà pourquoi je suis là et j’ai des choses à revendiquer.
« l’envers du décor » parle de ma life. La perte de mon vieux (père), l’abandon de mes études…
« negro tripe et réalité », je parle de la condition de vie des jeunes au kamer. Le chômage, la drogue, beaucoup veulent partir…, c’est la routine quoi.
« presque célèbre », un son que les gens kiffent beaucoup. Je dis presque célèbre pour ceux qui ne me connaissent pas. Sinon, je suis connu à travers ce milieu.


Alors Oliveira se considère t il comme une star?
Pas du tout. Je me considère plus tôt comme un poète urbain. C’est comme ça que je vois le rap. Au kamer, les gens commencent les choses par la fin. Je crois que, c’est se mentir à soi même.


Tu dis que « prémices » est en prélude à l’album. Alors à quand l’album ?
Je préfère ne pas parler d’album. Avec le temps, l’artiste grandi ainsi que sa musique. Actuellement, je suis sur un projet de street album qui s’intitule PPD (premier parmi les derniers) qui ma foie sera de la balle.
Il va compiler les différents feats que j’ai fait dans différents albums. Beaucoup d’inédits en attendant l’album  sera dans les bacs au courant de l’année.


Pourquoi dernier sur le hip hop ?
Je fais allusion au mouvement. C’est hallucinant de savoir qu’il y a du talent et que tu ne t’en sors pas sur ta zik. Trop d’imposteurs.


Avec M. pirate qui sévi, alors n’as-tu pas peur… ?
Les autorités compétentes doivent sévir. La CMC a le devoir de traquer « ses bandits de grands chemins ».
C’est aussi ceux qui veulent prostituer leurs ziks qui sont piratés. je connais certains artistes qui remettent leurs sons aux pirates. Moi je ne ferai jamais une chose pareil.


Pourquoi selon toi, le hip hop kamer tarde t il à décoller ?
A la base, il n’est pas structuré. Les medias ne suivent la chose. Ceux qui ont les moyens d’aider ne le font pas. Le hip hop n’est pas imprégné dans nos mœurs. Trop d’imposture et d’imposteurs venant des mécènes, producteurs et acteurs. Il y a aussi un manque de solidarité entre acteur de la chose hip hop. C’est chacun qui veut être là avant tout le monde.


Quelle relation Oliveira entretient il avec les autres MC’S du bled ?
Elle est professionnel. Avec certains, c’est amical. Entre nous existe un respect mutuel. une affinité musicalement et humainement, il y en a peu et je préfère qu’il en soit ainsi. Comme le dit l’adage : « trop de familiarité engendre le mépris ».


A supposer que tu sois nommer à la tête de la CMC, alors que feras tu pour les hippopeurs ?
Je dois inclure le hip hop dans le registre des musiques du pays. Je ferai en sorte que les artistes soient des ayants droits, le hip hop doit être rentable. Je ferai en sorte que l’Etat puisse subventionner le hip hop.


Le Cameroun vient d’atteindre le point d’achèvement à l’initiative PPTE (pays pauvre très endetté), alors qu’est ce qu’ Oliveira peut il attendre de l’allégement de cette dette ?
Absolument rien. Les cloues ne font que se resserrer. Le kamer appartient à une minorité. Tout leur revient et tout est claire et précis pour eux.


Oliviera est il un artiste engagé ?
Je suis vraiment engagé. Il y a tellement de choses à dire qu’on en aura fini avant la fin du mandat du président (2011).


T’as un message à l’encontre de la CMC ?
Qu’ils fassent leurs boulots. Ils doivent s’y mettre dans le sens des droits d’auteurs et qu’ils nous reversent nos droits.


Que penses tu de la guerre rappeur mboa et rappeur puriste ?
Le hip hop à la base, c’est un état d’esprit, une façon de voir les choses, une façon de parler.
Notre hip hop est à l’état embryonnaire et nous n’avons pas besoins de cette discrimination.


Revenons à ton album. Comment s’est passé ta collaboration avec DEE JAY ?
Artistiquement puis humainement, on s’est trouvé des choses en commun. Très vite, on s’est adopté et depuis prémices, nous continuions à bosser ensemble.


A quel niveau se situe ton hip hop ?
Mon hip hop est déjà kamer, les réalités sont propres au bled. C’est un mélange de ce qui vient de chez nous et ce qui vient d’ailleurs.


T’as un message à l’encontre des animateurs radios et télé ?
Certains animateurs se sont transformés en artistes et ils occupent le devant de la scène. Je crois qu’on ne peut pas être à l’étage et se voir marcher sur le goudron. Qui dit hip hop, dit un mode de vie, une façon de voir les choses. Les animateurs doivent s’y mettre. Il faut qu’ils jouent 90% des sons kamers, qu’ils arrêtent de nous balancer des sons étrangers qu’on voit sur Trace TV, MTV et autres.


Et aux jeunes qui veulent faire du hip hop. Qu’est ce que tu leur dit ?
Il faut avoir une connaissance du hip hop, les notions de base. C’est un mouvement socioculturel. Plus tu t’impliques, plus ça vient tout naturellement. Il faut aussi avoir du talent et y croire.
Evitons l’esprit de compétition, si oui avec soi même.


Des projets ?
C’est pour plus tard. Je voudrai bien monté mon propre label, mon studio et je voudrai également fondée une famille.


Ton mot de fin ?
J’encourage l’initiative de kamerhiphop en espérant que ça dure. un big up à ceux qui soutiennent le mouvement. A tous ceux qui sont vrais.
Enfin, le street album bientôt dans les bacs. ça va faire mal !

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