Médina Koné : le rap africain doit miser sur son originalité…

Médina Koné ! La première rappeuse certifiée disque de platine pour son duo avec Ménélik sur le hit ‘‘bye bye’’ en 1998...

Médina Koné ! La première rappeuse certifiée disque de platine pour son duo avec Ménélik sur le hit ‘‘bye bye’’ en 1998 c’est elle. ! Douze ans après cette « succès story », kamerhiphop.com a retrouvé celle qui entre temps est devenu présentatrice tv, chroniqueuse radio, Chroniqueuse presse…Mais qui est vraiment Médina Koné ? Rencontre avec Miss Médina, une sénégalaise d’origine qui fait la fierté de la diaspora africaine en France ….


Kamerhiphop.com : Nangadeff Médina et merci de t’ouvrir ce mois à kamerhiphop.com
Médina Koné :
Nangadeff à tous les lecteurs et à l’équipe de Kamerhiphop ! Ebah, je propose d’intégrer des clips pour illustrer certains propos et j’espère que les lecteurs apprécieront ! En tout cas, merci de m’accorder cette interview.
 
Rappeuse, Journaliste, chroniqueuse, comment Médina peut se présentée à nos internautes ?
Je commence toujours par présenter mes racines. Ainsi, je dirais que je suis originaire du Sénégal et mes aïeux viennent du Mali. Côté professionnel, j’ai un parcours non conventionnel : d’abord rappeuse, j’ai ensuite travaillé pour des maisons de disque en tant que chef de projet (je faisais la promotion, le marketing, des négociations diverses pour les labels), puis j’ai eu la chance de travailler pour des radios nationales françaises à forte audience (Europe 2, RTL2) et désormais je suis présentatrice télé. J’ai présenté « Africa » pour la chaîne internationale Trace TV, puis j’ai été intervieweuse pour BDM Tv et maintenant je présente « Eclats de Mer » pour France Ô .
Pour couronner le tout, j’aime entreprendre alors j’ai lancé un magazine que j’ai mis en suspens le temps de trouver de nouveaux investisseurs. Et, je me suis associée à un professionnel des médias web pour développer le groupe de radios Origin Radio.





Médina Koné ! La première rappeuse certifiée disque de platine pour son duo avec Ménélik sur le hit ‘‘bye bye ’’ en 1998 c’est elle. ! Douze ans après cette « succès story », kamerhiphop.com a retrouvé celle qui entre temps est devenu présentatrice tv, chroniqueuse radio, Chroniqueuse presse…Mais qui est vraiment Médina Koné ? Rencontre avec Miss Médina, une sénégalaise d’origine qui fait la fierté de la diaspora africaine en France ….


Tu es très impliquée dans le développement des projets urbains et autres projets culturels. Est-ce une vocation ou juste par passion ?
Oh Ebah, je suis d’abord une passionnée de culture urbaine et je plonge dans la culture africaine avec délectation. Tout a commencé avec mon grand frère qui faisait partie des premiers rappeurs français. A l’âge de 9 ans, j’ai observé, appris, vibré pour ces artistes qui développaient un mouvement inconnu et qui faisait peur. Je restais scotchée à la radio pour écouter mon frère sur Radio Nova, la première radio à consacrer de bonnes émissions au mouvement hip hop. J’assistais à des concerts en journées et j’écoutais les « grands » raconter leurs aventures sur scène. Je ne pouvais m’empêcher de tout analyser (flow, présence, mouvements du corps). Mais j’avoue que par la suite, je n’avais pas du tout le look d’une fille du mouvement. La sape était chère et les tenues des filles étaient trop viriles à mon goût. J’aimais surtout les sapes des filles afro anglaises (glamour et classes).
Ensuite en grandissant, j’étudiais tout en rappant dans quelques soirées mais je ne me voyais pas faire carrière. J’avais surtout un goût prononcé pour le défi que cela représentait de monter sur scène et faire des impros. Par la suite, les rencontres et projets étaient des sources d’inspirations et des challenges qui m’amenaient à toujours aller de l’avant.


L’univers du hip hop ne t’ai pas inconnu non plus puisque tu es une ancienne rappeuse. Dis nous comment te retrouves-tu dans ce milieu pourtant machos à l’époque ?
Franchement, je n’ai pas trop souffert du machisme parce que je suis plutôt tête brûlée et que je ne jouais ni aux potiches ni au faire valoir. Au niveau des relations homme/femme, ma carapace est  bien épaisse. Passés les remarques, l’agressivité ou les plans dragues, la plupart des hommes voyaient que j’étais passionnée et que le reste ne m’intéressait pas.  On passait alors à des relations saines et constructives. Il y avait beaucoup de complicité et de respect entre les mecs et moi. La quiétude quand on est dans un mouvement où tout le monde se connaît est un bien précieux. Alors en cultivant se type de relations, je me suis toujours sentie à l’aise voire comme un poisson dans l’eau.
En réalité, ce n’est pas le machisme mais les arnaques et l’exploitation que l’on peut subir qui sont les pièges à éviter !


En parlant de tes faits d’armes, En 1998, tu te fais connaître au grand public à travers ton duo avec le camerounais Ménélik sur le titre ‘‘bye bye’’. Comment rencontres-tu Ménelik et commente est né le hit ‘‘bye bye’’ ?
J’ai été repérée par une amie de Ménélik lors d’un freestyle à Bobigny. Elle me proposa de faire des essais pour un artiste dont elle ne m’avait pas donné le nom. Sans trop réfléchir j’ai accepté et c’est une fois arrivée dans son home studio que j’ai réalisé qu’il s’agissait de Ménélik. Il m’a envoyé des instrumentaux, j’ai sorti mes lyrics et ça lui a plu. Pour être sûre de mon coup, je me suis ensuite lancée dans une impro à son sujet et il a vraiment aimé car c’était très rare à l’époque. Ensuite, tout est allé vite : 2 semaines après nous enregistrions le titre « bye bye« . C’était la première fois qu’une rappeuse posait sur un titre diffusé partout en France et même dans le monde francophone.( 1,2 millions de singles vendus !).
 
Douze ans après te considères-tu encore comme une rappeuse ? Si non, pourquoi avoir raccroché ?
Je ris toujours quand on me pose cette question parce que dans le fond, je suis une passionnée de musique plus qu’une fille qui a cherché à faire carrière à tout pris. J’ai posé par ci par là après « bye bye » et je chante pour faire des jingles pubs ou pour le fun. Je pense que jusqu’à mes 99 ans, je serai toujours passionnée de musiques. La rappeuse Queen Latifah illustre bien mon état d’esprit. Elles est libre parce qu’elle fait ce qu’elle a envie de vivre : rappeuse, chanteuse, actrice, directrice de maison de disque etc… sont ce qu’elle fait depuis des années. Je pense donc qu’il faut apprendre développer et aller dans le sens de ses aspirations si cela est possible.


Quel est le meilleur souvenir que tu gardes de cette époque en tant que rappeuse ?
Je pense que mes premières scènes aux côtés du Clan Actuel, nom du groupe de mon frère M’Widi, sont les plus marquantes. Ensuite, il y a ma période radio au cours de laquelle, je rappais et co-animais l’émission « Waganda en action » menée par les journalistes et rappeur Kalengué, Puissant, Shock  et The Ysh. Enfin, la vive émotion quand j’ai entendu « Bye bye » sur une radio nationale qui ne diffusait quasiment aucun rappeur. J’étais dans une boutique et je suis restée immobile pendant tout le titre. J’avais envie de le crier partout mais j’ai préféré partager ça avec les miens…imaginez moi criant à tue tête devant mes parents. C’était incroyable !


En tant que ex-rappeuse et promotrice d’une web radio, que penses tu hip hop africain contemporain ?
C’est avec le PBS que j’ai découvert le rap africain. C’était très créatif et ils avaient un niveau incroyable à l’époque. Ensuite, j’ai eu la chance d’aller au Sénégal et au Mali et j’ai pu faire le plein de sons. Il y avait des groupes que j’aimais beaucoup comme le Peefroiss mais j’étais un peu désemparée par d’autres groupes. Je trouvais dommage qu’ils fassent des cover (copie conformes) de groupes américains et qu’ils n’apportent aucune touche locale ou technique. Il faut savoir que les rappeurs français rencontraient le même problème avec les américains qui n’aimaient pas du tout les artistes qui rentraient dans cette option artistique. D’ailleurs, seul Mc Solaar à l’époque apporta une touche différente (voix, clips, énergie, lyrisme…). Quand je suis revenue en France, j’ai constaté que les français se désintéressaient des groupes africains que je leur faisais écouter  pour ces raisons. Après tout, pourquoi écouter la copie quand on à l’original ?  Je pense que nous avons dans nos musiques traditionnelles et nos gimmicks de quoi apporter la touche qui peut faire briller nos rappeurs à l’international. Pour la musique, les américains ont puisé dans leur patrimoine : funk, soul, jazz, blues pour les samples puis ils ont crée des sons nouveaux ou inspirés de ces mouvements. Eh bien, les rappeurs africains sont les nouveaux gardiens du patrimoine culturel du continent. Ils sont près de la source de ces musiques pleines de vie et cette particularité en fait une musique apte à dépasser les frontières. Nous avons nos instruments, nos rythmiques, nos petites recettes qui font notre originalité alors il faut miser dessus. Lorsque je faisais du consulting, c’est ainsi que je parlais au directeur de Eben Music (label gabonais) lorsqu’il m’a confié la mission de redresser une opération marketing qui n’avançaient pas. Son objectif était que son artiste Ba Ponga soit au moins connu des médias hip hop français et qu’une campagne d’affichage nationale valorise pour la première fois un artiste du continent. Ca a été chose faite mais il manquait encore un élément important pour que l’artiste émerge enfin en France : le suivi sur le long terme !  Les artistes comme Ba Ponga ont une puissance locale indéniable et son art est plein de spiritualité. Sur scène, c’est un lion et son maquillage attire le regard. Mais pour attaquer la jungle européenne, il faut coller aux festivals, aux médias et aux basques des artistes et producteurs locaux pour tisser des liens solides.
Pour en revenir aux artistes en général, je trouve que les lyrics de la plupart des artistes sont soit engagés (comme Awadi, Keurgui) soit egotrip (Nix). C’est plaisant mais je trouve dommage qu’il n’y ait pas de mise en valeur du rap humoristique, du rap technique et des autres courants. Là aussi ils pourraient sortir du lot. Enfin, les rappeuse comme `sister Fa, Tina, Priss K et autres ont un vrai potentiel à l’international. Là aussi, si elles souhaitent percer elle doivent aller encore plus loin que les hommes : techniquement, musicalement, visuellement. Diams illustre bien cette réussite : elle est bien meilleure que certains hommes à bien des niveaux et à su développer un univers et une identité visuelle unique.


Comment peut-ils tiré profit des nouvelles technologies telle que internet ?
Internet est un formidable outil. Nous sommes à une époque où le clip joue un rôle primordial pour le développement des artistes. Je pense donc que c’est à travers des images et des scenarii inédits que les artistes peuvent émerger. Attention, il ne faut pas négliger un outil qui a encore plus de potentiel en Afrique : la téléphonie mobile. C’est selon moi un outil puissant sur le continent.


Et à propos du rap camerounais qui connais-tu ? Qui écoutes-tu ?
Oh, j’en connais peu : Krotal a particulièrement retenu mon attention car j’aime le timbre de sa voix et son flow fluide. J’aime bien l’énergie de Lady B. Elle a quelque chose de profond et j’espère qu’elle développera son univers.


Depuis un certains temps tu présentes pour la chaîne France ô, l’émission Eclats de Mer. Peux-tu nous parlé de cette nouvelle aventure ?
France Ô concerne une population estimée à environ 4 millions de personnes. Elle est diffusée sur la TNT (canal des principales chaînes nationales). Le panorama télévisuel offert par France ô est axé autour de quatre thématiques : l’information, le sport, les documentaires et la musique, réalisé grâce à la production régionale des dix stations de RFO basées dans 9 neufs départements et territoires
 Ils m’ont proposé de présenter une nouvelle version de leurs programmes documentaires. J’y présente durant 2 heures, les merveilles de l’Outremer, des portraits de personnages singuliers et quelques pages d’histoire. C’est une expérience différente de ce que j’ai connu et c’est vraiment enrichissant. Lorsque je présentais l’émission Africa sur Trace tv, j’animais un programme en extérieur avec un invité en fil rouge. Le programme étant léger, c’était assez festif. Là, dans le cadre de l’émission « Eclats de Mer », j’ai une posture de journaliste. J’ai donc une attitude qui doit être en phase avec les sujets annoncés. De légère, je passe à sérieuse ou simplement étonnée. Dans le décor studio réalisé spécialement à cet effet, je vous invite à la découverte de Tahiti par exemple. Je parle aussi de sujets sérieux comme les essais nucléaires en Polynésie, l’étude des volcans ou encore les requins. En somme, j’ai pour mission de présenter un programme complet où détente, surprise, émerveillement sont de mise durant 2 heures !


Tu es co-fondatrice de la radio internet afro Origin Radio. Parles nous un peu de ce qui devenu aujourd’hui un bouquet ethnique…
Nous avons commencé par diffuser une seule radio sur la thématique africaine, puis forts de son expansion, nous avons crée 4 radios diffusant des musiques spécifiques : Origin Latina (salsa, merengué, patchanga, bossa nova etc), Origin Tropical (Zouk, cabo love…), Origin Reggae (reggae, dance hall, ska…) et Origin Africa (musiques africaines francophones et anglophones). Je pense que sur ce dernier point, les lecteurs de Kamerhiphop pourrons apprécier les mix des djs qui sont diffusés chaque soir à 21h en temps CET soit 20h en temps universel.
Lien vers Origin Radio : http://www.originradio.com/


Tu fais parti du cercle très restreint d’immigrés ou descendants d’immigrés dont la « succès story » est sur presque toutes les lèvres, quel est ton secret ?
Je n’ai pas vraiment de secret. Je dirais simplement que la base est de ne bosser que sur ce en quoi je crois. Une fois lancée, je me demande toujours ce que je peux apprendre de ce que je vais vivre et ce qui peut être amélioré ou développé. Je me dis toujours que la roue tourne alors je ne dors jamais sur mes lauriers. Enfin, tant que cela ne nuit pas au projet dans lequel je m’implique, je ne me laisse pas détourner par les blah blah. Ce sont au mieux des inventions pour déstabiliser au pire des déformations de faits réels. Dans n’importe quel cas, il est bon d’être sourd, aveugle et muet face à cela pour mieux profiter des joies que procure le travail accompli !


Que penses-tu de kamerhiphop.com
C’est une base données et de connaissance incroyable sur la culture hip hop africaine. Le design est très pro et donne envie de visiter le site. Kamerhiphop est exemplaire et valorise bien les artistes avec les photos, les clips, les news et les articles de fond. J’y vais de temps en temps. Vous qui lisez ces lignes, j’espère que vous serez fidèles à ce site hors pairs.


Quel conseil donnerais-tu aux jeunes africains qui ambitionnent être comme toi un jour ?
Ca m’intimide toujours quand on me dit cela ! Je préfère donc donner le genre de conseils que je donne à mes amis en disant que les gens heureux sont ceux qui tentent d’aller au bout de leurs rêves quelques qu’ils soient. Pour certains, cela passe par la musique, pour d’autres le commerce, ou encore le développement d’activités agricoles…quoi que vous fassiez soyez toujours fiers de vous et ne vous contentez pas du bling bling. C’est éphémère ! Quand les choses sont difficiles n’oubliez jamais le chemin que vous avez parcouru. Inspirez vous et approchez vous de certains de vos aînés qui ont bâti leur vie sur des valeurs profondes. Soyez vous même !


Questionnaire de Proust. 


Ta vertu préférée ? La justesse
Le principal trait de ton caractère ? Curieuse
Ta  principale qualité ? Maman
Ton principal défaut ? workaholic (hyper travailleuse)
La faute que tu ne supportes pas ? Le vol
L’être qui a le plus compté dans ta vie ? Il y en a plusieurs : mon père, mon frère, mon superman, mon super bébé.
Quel souvenir veux tu que les gens gardent de toi ? mon sourire car il illustre les sentiments que j’ai envie que les gens ressentent à mon contact.

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