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jeudi, février 27, 2020
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Canada: après avoir été une bonne élève, une Camerounaise bientôt expulsée

Rose Eva, une jeune programmeuse de nationalité camerounaise sera bientôt expulsée du Canada parce qu’elle avait continué à travailler dans une boutique après avoir terminé ses études plus vite que prévu.

«Mon rêve s’écroule. Tout cela, parce que je ne savais pas que, si je terminais mes études quelques semaines plus rapidement que les autres, je n’avais plus le droit de travailler à temps partiel », déclare la camerounaise de 23 ans.

C’est en 2017 qu’elle est arrivée au Québec pour suivre une formation en programmation informatique à l’Institut Teccart à Montréal. En arrivant au Canada, elle avait déjà obtenu une maîtrise en finance à l’Université de Yaoundé au Cameroun. Sa sœur vivant à Saint-Jérôme, cela lui avait facilité la venue au Canada.

Étudiante à plein temps, Eva travaillait à temps partiel dans une boutique de vêtements de Mirabel, comme la loi le lui permettait.

La jeune femme a réussi à prendre de l’avance pour compléter son programme avant les autres étudiants. Et le 17 septembre, soit trois mois plus tôt que prévu, elle a obtenu son diplôme:

«Je croyais que je pouvais travailler à temps partiel jusqu’à la fin de mon visa», lance-t-elle.

Pourtant comme l’indique la loi, Eva devait cesser de travailler le jour de l’obtention de son diplôme et par la suite faire modifier son visa d’étudiante pour pouvoir travailler sans aller à l’école.

L’avocat spécialisé en immigration Cheick Fall explique que la loi n’est pas toujours simple à comprendre.

«Elle ne pouvait pas le savoir. Elle n’est pas juriste. Elle a fait sa demande seule pour venir au Canada. Aucun avocat ne lui a expliqué les subtilités de la loi », mentionne Cheick Fall.

Pour rappel, c’est le 28 décembre 2019 que Eva s’était présentée aux douanes de Lacolle afin de demander le statut de résidente permanente. Après une série de questions, on lui a demandé la date de fin de ses études et si elle avait travaillé par la suite. La Camerounaise a répondu honnêtement.

C’est alors que l’agent des Services frontaliers lui a annoncé la mauvaise nouvelle.

« Elle a des qualifications recherchées. De nombreux commerces québécois veulent vendre en ligne et ont besoin de ses connaissances », affairme Manuel Champagne, directeur général de Détail Québec, le comité sectoriel de main-d’œuvre du commerce de détail du gouvernement du Québec.

L’objectif de la jeune femme était d’avoir un emploi au Québec dans le domaine de la programmation de logiciels pour des banques ou des commerces qui veulent vendre leurs produits en ligne.

«Ma famille est ici. Mon père est décédé. Mon avenir était ici. J’aurais souhaité avoir une chance pour réparer ma faute», déclare Rose Eva avec un ton de désespoir

Si elle n’arrive pas à obtenir de sursis, elle devra quitter le Canada le 27 janvier et elle ne sera pas autorisée à revenir avant une année à titre de touriste.

«Si elle veut [re]venir vivre et travailler ici, elle devra faire une demande de résidence permanente. Elle va devoir recommencer à zéro, sans avoir de garantie qu’elle sera acceptée pour y demeurer définitivement», explique Me Fall.

PAR Oscar Mbena

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